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Ego ou amour-propre ? Comment mieux comprendre nos réactions

  • Photo du rédacteur: Stephanie Martin
    Stephanie Martin
  • 15 mai 2025
  • 13 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 juin 2025



Main d’une femme effleurant un miroir posé dans l’herbe, son reflet visible sans que son visage n’apparaisse — une scène intime et symbolique d’introspection.
Photo : Ludovica Dri


Vous est-il déjà arrivé de vous braquer devant une remarque blessante ou une critique à peine voilée ?

Non, jamais ? Alors félicitations, vous êtes chanceuse !

Pour les autres, malchanceuses comme moi, c’est une autre histoire. Un mot mal placé, et je ressens comme un coup de poignard dans le ventre. Le cœur qui se serre, la gorge nouée. Une voix intérieure surgit. Elle veut répondre, se défendre, s’insurger.

Cette voix-là, je la connais bien. C’est celle de mon égo. Pas l’ego écrasant, dominateur. Non, plutôt celui qui me protège d’une blessure ancienne, jamais tout à fait refermée.

Et puis, il y a ces autres moments. Ceux où je me sens capable de dire non, d’affirmer mes limites, sans me justifier. Ces instants-là sont portés par l’amour-propre. Quelque chose de plus calme, plus enraciné.

Entre ces deux forces, (l’ego, torse bombé, qui parle fort pour se faire entendre, et l’amour-propre, prestance en bandoulière, plus discret mais solide) se jouent bien souvent nos réactions, nos décisions, nos liens aux autres et à nous-mêmes.


Et si l’ego n’était pas l’ennemi ?

Dans les discours spirituels, combien de fois entendons-nous qu’il faut faire taire l’ego, le dépasser, l’effacer ? Qu’il serait un obstacle à notre évolution. À force de l’entendre, nous finissons par culpabiliser d’en avoir encore… comme si ressentir de l’orgueil ou de la peur était un échec.

À mes yeux, ce discours manque de justesse.

L’ego ne s’infiltre pas tel le venin du serpent, il est simplement un porteur de message, venu pointer là où ça fait mal, là où une plaie demande à être pansée.


Dans cet article, je vous invite à explorer la différence entre ego et amour-propre.

Pas pour les opposer, mais pour les réconcilier. Pour faire la paix avec ces parts intérieures, parfois blessées, souvent incomprises.

Et surtout, pour libérer votre rapport à vous-même des injonctions spirituelles rigides, culpabilisantes, déconnectées de la réalité.

Ici, dans cet espace intime, je ne cherche pas à pulvériser l’ego. Je cherche à conjuguer monde terrestre et sphère céleste. À faire de chaque facette de notre être, même celles que nous croyions devoir taire, un allié.




i. Clarifier les définitions


Commençons par poser des mots clairs. Car trop souvent dans les discours, ces deux notions ego et amour-propre sont confondues ou s’opposent à tort.

Si vous le souhaitez, servez-vous une bonne tisane. Promis, j’essaierai de ne pas être trop barbante…



Qu’est-ce que l’ego, vraiment ?


Pour faire simple, l’ego, c’est ce « je » à travers lequel vous vous exprimez.

Il est une mosaïque : façonné par votre histoire, vos rôles, vos croyances, vos désirs et vos blessures. Il est là pour vous protéger, pour vous permettre d’exister dans un monde qui vous a parfois blessée, ignorée, ou portée aux nues.

Souvent, perçu comme « l’ennemi public n°1 », l’égo est en réalité un chevalier, légèrement turbulent, qui dégaine l’épée dès qu’il perçoit une menace - même imaginaire.

Il peut prendre bien des formes :

  • L’orgueil qui cherche à tout contrôler par peur d’être vulnérable.

  • Le repli qui vous chuchote à l’oreille que vous ne méritez pas d’être vue.

  • La volonté de plaire, si forte qu’elle vous éloigne de votre vérité.

L’ego, c’est ce mécanisme intérieur qui craint l’abandon, le rejet, la perte de valeur.

Il fabrique une image de vous - brillante ou effacée - mais toujours façonnée. Il vous maintient en sécurité… même si cela vous empêche de vivre pleinement. Personnellement, il ressemble à un père protecteur qui veille sur sa petite fille sans réaliser qu’elle a grandi…

Voyez comme il n’est ni mauvais, ni inutile. L’égo s’apparente, en quelque sorte, à votre première peau psychique, votre armure symbolique.

Une interface entre votre monde intérieur et l’extérieur.



Et l’amour-propre, alors ?


Lui, il est tout le contraire du vacarme assourdissant.

L’amour-propre est profond, constant, stable. Il ne dépend pas du regard des autres. Il ne gonfle pas dans l’approbation, ni ne s’effondre dans la critique.

C’est cette connaissance de votre valeur, celle que vous portez en vous, depuis toujours, indépendante de vos réussites, de vos erreurs ou de vos failles.

C’est lui qui vous souffle :

« Même si tu trébuches, tu es légitime. Tu n’es pas parfaite ? Et alors… puisque tu es unique. »

L’amour-propre est le sol stable sous vos pieds. Celui qui vous permet de dire non sans peur, et oui sans vous trahir. Il vous enseigne à prendre soin de vous, à respecter vos besoins, loin d’un quelconque égoïsme.



Deux voix à réconcilier

L’ego et l’amour-propre ne seraient donc pas ennemis ?

En fait, ils cohabitent en vous, comme l’instinct et l’intuition.

  • L’égo vous montre où ça fait mal.

  • L’amour propre vous rappelle que vous pouvez guérir.

L’un protège. L’autre élève.

Parce qu’en vérité, quand l’amour-propre est solide, l’ego n’a plus besoin d’hurler.




ii. L’illusion spirituelle : pourquoi rejeter l’égo ne mêne à rien


Maintenant que les rôles de chacun sont mieux compris, voyons pourquoi tant de discours spirituels ont tendance à rejeter l’ego… et pourquoi cela peut, au fond, nous faire plus de mal que de bien.



1. Le mythe du « dépassement de l’ego »


Je suis certaine que vous l’avez déjà entendu ou lu au moins une fois ce fameux :

« Là, tu es dans l’égo ! » (Parfois brandi dès que nos opinions divergent.)

N.B : un point Godwin comme un autre. J’dis ça, j’dis rien… Vous l’avez compris, je serre les dents quand j’ai le malheur de tomber sur cette phrase.

Dans beaucoup d’enseignements spirituels, l’ego est perçu comme l’ennemi à abattre. Il serait presque la source de tous les maux. Vous êtes sommés :

« Tu DOIS t’en débarasser. Transcende ton ego, sinon tu ne seras JAMAIS libre. »

En réalité, vous l’avez sûrement compris, ce discours est nourri par l’ego lui-même. Hé oui, cet ego si spirituel, avide de perfection, de contrôle, de reconnaissance, se pare de sagesse et de pureté (à la limite de l’illumination, rien que ça) pour se sentir plus éveillé que les autres.

Redoutable comme piège, n’est-ce pas ?

À force de vouloir tuer son ego, il finit par se renforcer. Et en rejetant cette part de soi, nous finissons par rejeter… notre propre humanité.



2. Si l’ego était un messager ?


Plutôt que de le fuir, si vous l’écoutiez l’espace d’un instant ?

L’ego ne cherche pas à nuire. Il s’active pour vous éviter ces douleurs… même s’il le fait maladroitement. Il vous alerte :

  • quand une ancienne blessure s’est rouverte,

  • quand vous vous sentez invisible, trahie, jugée, abandonnée,

  • quand la peur du rejet vous serre la gorge.

L’ego, c’est votre boussole intérieure qui, au lieu d’indiquer le Nord, pointe les endroits encore sensibles, là où ça fait mal.

Vous l’ignorez ? Il criera plus fort !

Sous chaque réaction vive, sous chaque masque qu’il enfile - colère, orgueil, contrôle, fuite — se cache souvent une blessure ignorée.

Peut-être ce moment où vous n’avez pas été crue.

Ou ce jour où vous vous êtes sentie trop ceci, pas assez cela, invisible, oubliée…

Non, l’ego n’est pas le tyran qu’on décrit. La plupart du temps, c’est un guerrier épuisé, qui a besoin de repos et de reconnaissance.



3. L’ombre de la culpabilité spirituelle


À force d’entendre qu’il ne faut « pas être dans l’ego », beaucoup finissent par se juger dès qu’ils ressentent de l’orgueil, une envie de reconnaissance, un besoin de sécurité.

En conséquence, ce jugement devient une blessure supplémentaire.

Dans ces moments-là, nous croyons ne « pas être assez évolué », honteux de nos réactions. Nous nous comparons à des figures idéalisées. Alors, nous tentons de réprimer ce qui, au fond, aurait simplement besoin d’être accueilli.

C’est là que naît la culpabilité spirituelle. Celle qui vous pousse à imaginer que vous devriez être « au-dessus de tout ». Celle qui insinue que vous n’êtes pas à la hauteur, parce que vous ressentez encore de la colère, du doute, de la jalousie ou de la tristesse.

Vous voulez mon avis ?

Je vous dis : Bravo, vous êtes humaine !

Un être habité d’ombre et de lumière. L’éveil, le vrai, ne se situe pas dans la perfection. Il se vit dans l’intimité du vécu, dans cette capacité à vous aimer malgré vos vacillements.

Alors non, vous n’avez pas à « purger » votre ego. Ni à devenir une coquille vide ou une âme détachée de toute émotion. Il s’agit juste de vous rencontrer, de vous réconcilier avec vous-même - ego compris.



Et si l’ego n’était pas ce que vous deviez vaincre, mais ce que vous deviez comprendre ?

Et si, en cessant de le combattre, vous lui permettiez de se détendre — et offriez à votre amour-propre de rayonner plus librement ?

Dans le calme après la tempête, l’ego cesse peu à peu d’hurler avec le vent.

Lorsque vous lui aurez accordé la juste place, vous toucherez peut-être, pour la première fois, la pleine présence à vous-même.




iii. Faire la distinction dans la vie concrète


Puisque nos deux comparses cohabitent sans toujours s’accorder, distinguer l’ego de l’amour-propre n’est pas l’exercice le plus évident.

L’un veut être vu, entendu, rassuré. L’autre se tient plus discret, stable, enraciné.

L’un réagit. L’autre répond.

L’un se crispe, l’autre respire.

Alors, il faut affiner son écoute, passer maître dans cet art. Revenir au corps, aux sensations. À ce qui sonne juste.



1. Égo ou amour-propre ? Apprendre à les reconnaître


L’ego veut bien faire, mais souvent, il ne sait que créer de l’agitation.

L’amour-propre, lui, n’a rien à prouver.

Voici un tableau pour mieux les distinguer :

Ego

Amour-propre

Réagit avec impulsivité

Répond avec discernement

Se sent menacé facilement

Se sent stable et centré

Veut briller, séduire ou être admiré

Rayonne sans chercher l’approbation

Craint le rejet, le désamour

Se sait digne, même dans l’imperfection

Se compare, se mesure, se protège

S’accueille telle qu’elle est

Fonctionne dans l’attente ou le manque

Fonctionne dans la complétude

L’un n’est pas “ le mal” et l’autre “le bien” : ils coexistent. Ce qui fait la différence, c’est qui mène la danse.



2. Exemples concrets pour ressentir la nuance


Les mots ne suffisent pas toujours. Ce sont dans vos gestes, vos émotions, que la nuance devient palpable.


 Dans les relations : jalousie ou affirmation de ses besoins ?

Vous sentez une distance dans une relation. L’autre semble s’éloigner. L’ego, inquiet, imagine : “On m’abandonne .Je ne suis pas assez. Il faut que je me rende indispensable… ou que je disparaisse.”

L’amour-propre, lui, ressent la tristesse, la frustration.

Mais il les traverse avec lucidité. Il s’exprime : “J’ai besoin de sentir que je compte. Je ressens un manque de lien. Peux-tu m’écouter ?”

L’un accuse ou se replie.

L’autre partage et crée du lien.


 Dans la création : besoin d’être vu ou plaisir de partager ?

Vous créez – un texte, un objet, ou tout autre chose oeuvre. L’ego veut être reconnu, validé, aimé. Sans retour, il doute, se blesse, parfois abandonne.

L’amour-propre, lui, est fier d’avoir offert au monde quelque chose de sincère. Que cela touche ou non : c’est l’acte créatif qui compte.. Et s’il y a rencontre avec l’autre, c’est cadeau.

L’un cherche la lumière extérieure.

L’autre vit dans sa lumière intérieure.


 Dans l’image de soi : quête d’approbation ou conscience de sa valeur ?

Vous vous exposez au monde, miroir ou réseaux.L’ego se demande : « Est-ce que je plais ? Dois-je en faire plus ? Ou me cacher ? »

Il oscille entre excès et retrait.

L’amour-propre, lui, vous regarde avec bienveillance.

Il voit les doutes, mais ne les laisse pas vous définir.

Il vous de rester fidèle à vous-même, même quand tout tangue autour de vous.



Vous l’avez compris : l’ego agit depuis la peur, tandis que l’amour-propre parle depuis un lieu plus vaste. Pas toujours facile à entendre, il ne s’impose pas. Non, lui, il se déploie avec constance et grâce. Plus vous apprenez à l’écouter, plus il devient familier.

Alors, la prochaine fois que l’ego se manifeste, ce qu’il fera toujours, vous pourrez simplement lui répondre : « Merci de me protéger. J’ai compris le message. Maintenant, laisse-moi revenir à qui je suis. »




iv. De l’ego réactif à l’amour-propre conscientisé


Vous sentez vous débordée parfois ? Un mot de travers, un regard fuyant, un silence un peu trop long… Tout se crispe. Un coup de chaud, une tension, une pensée qui tourne en boucle. Et voilà ! L’ego débaroule en armure de fidèle défenseur.

Si au lieu de réagir, vous appreniez à l’écouter autrement ?

Troquant son uniforme de commandant pour devenir un simple messager, un enfant à rassurer.

Passer de l’ego réactif à l’amour-propre conscientisé, c’est basculer de la peur à la présence. C’est un chemin d’exigence et de réconciliation.



1. Observer sans juger


La première clé : observer sans juger. Quand l’émotion monte -l’envie de répondre sèchement, de fuir, ou de ruminer - c’est là que tout se joue.

Au lieu de réagir par automatisme, prenez une longue respiration et demandez-vous :

« Qu’est-ce qui me fait mal, ici ? »

« Quelle blessure appelle mon attention ? »

« De quoi ai-je peur ? »

Cet espace de questionnement ne cherche pas à analyser, mais à prendre du recul sur l’émotion qui vient de se manifester.

Ce n’est pas l’ego que vous tentez de dompter, mais la souffrance qu’il camoufle maladroitement.

Plus vous apprendrez à observer sans juger, plus vous reconnaîtrez la fréquence de l’amour-propre : enracinée, paisible, stable.



2. Accueillir l’ego, puis réajuster


Quand l’ego se manifeste, ne le rejetez pas. Ne lui claquez pas la porte au nez. Cela ne ferait qu’alimenter sa peur et son sentiment d’exclusion.

Au contraire, accueillez-le avec douceur et lucidité.

L’ego parle de l’enfant que vous avez été, en quête d’amour, de reconnaissance, de sécurité.

Dites-lui, intérieurement ou à voix haute : « Merci de me montrer ce qui demande encore à être guéri. Je t’entends. Mais je choisis de répondre autrement. »

C’est cela, le réajustement :

Ne pas laisser l’ego diriger, mais ne pas non plus l’écraser. Le considérer comme un indicateur, non comme un capitaine. Et vous, vous reprenez les rênes. Avec fermeté, mais sans violence.

C’est un retour à votre centre : un “non” posé calmement, un “oui” offert en confiance.



3. Cultiver un amour-propre ancré


Le véritable amour-propre ne dépend d’aucun regard extérieur.

Il ne se mesure ni au succès, ni à l’approbation d’autrui. Il naît du respect de votre essence.

L’amour-propre s’ancre, se cultive, s’incarne.

Chaque jour, vous pouvez nourrir cette relation intime à vous-même par des gestes simples :

  • L’ancrage : jardiner, marcher pieds nus, respirer profondément, sentir vos jambes comme les racines d’un majestueux chêne. Bref, reliez-vous à la matière, à la terre.

  • La gratitude : le soir, remerciez-vous. Une parole sincère, une pensée bienveillante, une prise de recul salutaire.

  • L’affirmation intérieure : répétez doucement, comme un mantra : Je suis digne d’amour. Je suis entière. Je n’ai rien à prouver.

Revenez au corps, à votre temple. C’est là que l’amour propre prend racine. Loin des pensées qui doutent et qui comparent.

Et si vous vous égarez, ce qui est humain, souvenez-vous : chaque retour à vous-même est une victoire.L’amour-propre n’est pas un sommet à atteindre, c’est une fréquence à choisir, encore et encore.



Dans ce passage de l’ego réactif à l’amour-propre conscientisé, vous ne devenez pas quelqu’un d’autre. Vous vous retrouvez. Alignée. Calme. Authentique.

Et l’ego ? Il cesse de faire de l’ombre.

Il devient miroir. Révélateur des zones à aimer, des blessures à entourer de soin.

Là commence la véritable magie : celle de se sentir reliée, pleinement humaine, infiniment soi.




v. Vers une cohabitation harmonieuse


Il n’est pas question ici de rejeter une part de vous. L’ego est un gardien, bien que maladroit et souvent bruyant, il reste profondément attaché à votre survie émotionnelle. Il ne sait pas toujours aimer, mais il essaie de protéger. Souvenez-vous que ce que l’on bannit de soi revient toujours frapper à la porte.L’ego ne se dissout pas. Il s’apprivoise.



1. Intégrer l’ego plutôt que l’éliminer


Imaginez votre ego comme votre copilote. Il n’est pas là pour diriger. Il vous signale les zones de turbulences : une peur, une blessure, un souvenir qui remonte.

Le danger, ce n’est pas qu’il parle — c’est de lui laisser les commandes.

Le ramener à sa juste place, c’est lui dire :

« Je t’entends. Merci pour ta vigilance. Je reprends la direction. »

Dans les moments de doute, vous saurez le reconnaître : il parle avec urgence, réclame reconnaissance, craint d’être oublié ou rejeté. Mais derrière ses cris se cache toujours un besoin de sécurité, un appel à l’apaisement.

Lorsque vous lui offrez cette place, il cesse de frapper. Il n’a plus besoin d’hurler.

Il peut alors devenir ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un guide de vos zones sensibles pour avancer en conscience.



2. Une spiritualité incarnée et humaine


Il y a comme une injonction à devoir tout incarner à la perfection. Toujours alignée. Toujours sage.

La vérité ? Vous êtes humaine.

La lumière ne vous demande pas de renier vos ombres. Elle vous invite à les reconnaître, à les accueillir, à les aimer, jusqu’à ce qu’elles cessent d’avoir peur.

Avoir de l’ego ne fait pas de vous une « âme moins avancée ». Cela signifie simplement que vous êtes vivante. Une femme avec une histoire, une voix, des cicatrices. Et cela aussi est sacré.

Pour moi, il y a de la beauté dans cette humanité, dans ces contradictions qui cohabitent en vous.

Dire : « Oui, j’ai de l’ego. Et alors ? Je le vois. Je l’écoute. Je le soigne. Mais je ne le laisse pas tout faire. »

C’est peut-être cela, le véritable amour-propre : savoir tout contenir sans se déchirer, se choisir sans se juger, accueillir sans se soumettre.

Une spiritualité vivante, pleine et entière, ne se joue pas dans l’élévation désincarnée, mais dans la chair, dans l’âme, dans les ratés autant que dans la lumière. Elle se vit, tout simplement.



En guise de passage

La prochaine fois votre ego se manifestera — dans une peur, une comparaison, une envie de prouver quelque chose — respirez. Accueillez et demandez-lui :« Qu’essaies-tu de me dire, là, derrière tes mots un peu durs ? »

Écoutez.

Peut-être découvrirez-vous qu’il souhaite simplement vous rappeler ce qui, en vous, demande encore à être aimé.

C’est là que commence la cohabitation. Dans la conscience, dans la présence et dans ce regard posé sur vous-même… Comme une lueur bienveillante dans un sanctuaire intérieur que vous seule pouvez explorer.




Et si vous cessiez la guerre intérieure ?


Ce n’est donc pas l’ego qui vous freine.

C’est le regard dur que vous portez sur vous-même chaque fois qu’il se manifeste. Ce soupir de déception qui dit : « Encore tombée dans l’ego… », comme si cela faisait de vous quelqu’un d’indigne.

Mais l’ego n’est pas une erreur à corriger.

C’est une partie de vous qui a appris à protéger ce qui était fragile. Un porteur de peurs, de mémoires, de cicatrices qui n’ont pas encore été embrassées. Il ne demande qu’à être entendu.

A contrario, l’amour-propre n’est pas son opposé.

Il est l’espace dans lequel l’ego peut, enfin, se déposer.

Là où l’ego réagit, l’amour-propre répond.

Là où l’ego lutte, l’amour-propre pacifie.

Ainsi, ils peuvent cohabiter.

Il ne s’agit donc pas de vous purifier de votre ego. Il s’agit de réconcilier en vous l’humain et le sacré.



Et si, ce soir, vous écriviez une lettre à votre ego ?

Remerciez-le pour sa vigilance, ses colères, ses instincts de survie.

Dites-lui que vous l’entendez… mais que vous choisissez désormais de marcher à ses côtés, et non sous sa conduite.

C’est dans cette union intérieure que se loge votre véritable pouvoir. Et que votre lumière, débarrassée du masque de la perfection, peut enfin embrasser toutes ses nuances.





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